Des millions de diagnostics sont réalisés chaque année, mais ils restent largement tributaires des ventes et des locations. Résultat : de nombreux logements passent sous les radars. À l’heure où la France doit adapter son parc immobilier au vieillissement de la population et au changement climatique, cette dépendance à la transaction montre ses limites.
C’est l’un des enjeux du livre blanc Habiter la France en 2050, publié par le Plan Bâtiment Durable et le Club de l’Amélioration de l’Habitat. Ses auteurs appellent à dépasser la seule performance énergétique pour adapter le parc existant aux parcours de vie et au changement climatique. Ils proposent notamment de faire évoluer le DPE vers un diagnostic de résilience, intégrant davantage le confort d’été, et de structurer une filière dédiée à la transformation du bâti existant. Comment transformer durablement un patrimoine dont une partie échappe à toute vision actualisée de son état ?
Prévenir plutôt que constater
L’ambition du Plan Bâtiment durable rejoint une proposition défendue de longue date par SIDIANE : instaurer un diagnostic périodique du logement. Aujourd’hui, les diagnostics immobiliers interviennent principalement lors d’une vente ou d’une location. Pourquoi la connaissance de l’état d’un logement dépendrait-elle ainsi de son changement d’occupant ?
Un diagnostic périodique permettrait de mieux connaître l’état réel du parc, de repérer les risques pour la santé et la sécurité, de prévenir certaines situations de non-décence et d’orienter les propriétaires vers les interventions nécessaires. L’objectif n’est pas d’empiler les contrôles, mais d’inscrire la connaissance du logement dans la durée, au-delà de la seule performance énergétique.
Cette approche offrirait une vision plus globale des besoins : état du bâti, sécurité, santé, performance énergétique et adaptation climatique. Autant d’éléments pour hiérarchiser les travaux et éclairer les décisions des propriétaires comme les politiques publiques.
Le diagnostiqueur au cœur de la transformation
Justement, le livre blanc du Plan Bâtiment durable appelle à structurer une filière capable d’accompagner la transformation du patrimoine, du diagnostic à l’évaluation des résultats. Le diagnostiqueur immobilier a naturellement sa place dans cette chaîne : sa connaissance transversale du bâti et des risques constitue un point de départ pour définir les priorités, avant l’intervention des autres professionnels.
Décorréler le diagnostic de la vente présente un autre intérêt : replacer l’état du logement au centre de la démarche, sans le subordonner aux enjeux immédiats d’une transaction. En intervenant indépendamment d’une vente ou d’une location, le diagnostic périodique pourrait ainsi limiter les pressions liées aux intérêts des parties et conforter la place du diagnostiqueur comme tiers de confiance.
Avec cette proposition, SIDIANE défend le passage d’un contrôle ponctuel à une logique de prévention et d’amélioration continue. Pour transformer durablement l’existant, encore faut-il mieux connaître le parc, dans toutes ses dimensions, et ne plus laisser une partie des logements dans l’angle mort.