Le DPE évolue encore. Publié au Journal officiel le 13 août 2026, l’arrêté du 11 juin 2026 transpose plusieurs exigences de la directive européenne 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments et logements à sage d’habitation en France métropolitaine. Son entrée en vigueur est fixée au 1 er janvier 2027.
1. Les énergies renouvelables gagnent en visibilité dans le DPE
Le texte répond à un objectif dicté par l’Europe : mieux identifier la production locale d’énergie et sa contribution à la performance du bâtiment. Le DPE devra désormais faire apparaître :
- la quantité totale d’énergie renouvelable produite sur site, exprimée en kWh ;
- le détail de cette production par source d’énergie renouvelable ;
- la part de cette production rapportée à la consommation d’énergie finale totale ;
- le principal vecteur ou la principale source énergétique, en énergie primaire et en énergie finale.
L’arrêté précise que la consommation d’énergie finale prise en compte comprend l’autoconsommation.
Sur le terrain
Le diagnostiqueur devra identifier les équipements concernés et leurs caractéristiques utiles au calcul : photovoltaïque, solaire thermique, pompes à chaleur, géothermie, chauffe-eau thermodynamiques, chauffage au bois, certains réseaux de chaleur ou de froid, éolien et cogénération.
Attention : le DPE ne mesure pas la production réelle de l’installation sur l’année. Il applique les règles conventionnelles prévues par la méthode.
2. La durée de vie restante du chauffage devra être estimée
Le DPE devra aussi comporter une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage et du système de climatisation. Cette donnée apporte une information nouvelle : un équipement peut être performant au moment du diagnostic tout en approchant de son renouvellement.
Pour le professionnel, cette évolution implique surtout de documenter davantage les caractéristiques et l’ancienneté des équipements. Le texte parle bien d’une évaluation de la durée de vie restante, et non d’une garantie sur la date à laquelle l’équipement cessera de fonctionner.
3. La flexibilité électrique intègre le DPE
Autre nouveauté directement issue de la directive européenne : le diagnostic devra renseigner la capacité du logement ou du bâtiment à réagir à des signaux externes et à adapter sa consommation d’énergie afin de contribuer à la flexibilité du système électrique. Par exemple en décalant certains usages lors des pics de consommation. Pour un logement, cette information vise notamment les capacités de pilotage et d’adaptation des consommations.
4. Le chauffage devra aussi être regardé sous l’angle de la basse température
Le nouveau contenu du diagnostic devra également préciser la capacité du système d’émission et de distribution de chaleur à fonctionner à basse température ou à une température permettant une meilleure efficience. Cette information peut notamment intéresser un propriétaire envisageant l’installation d’une pompe à chaleur.
Le DPE ne devient pas pour autant une étude de faisabilité : le diagnostiqueur renseigne l’information prévue par le dispositif, sans dimensionner une future installation.
5. Les déperditions sont mieux distinguées
Le texte modifie également l’annexe consacrée au calcul des déperditions. La notion de « renouvellement d’air » distingue désormais plus clairement les déperditions liées à la ventilation de celles liées à l’aération et aux défauts d’étanchéité.
Dans la nouvelle présentation, le calcul sépare donc désormais clairement le débit d’air lié au système de ventilation de celui lié à la perméabilité du bâtiment. Pour les diagnostiqueurs, il faudra donc renseigner correctement les données relatives à la ventilation et à l’étanchéité du bâtiment pour alimenter le calcul.
6. Une nouvelle mention A0
C’est la nouveauté la plus visible sans doute pour le consommateur. Le DPE conserve son échelle de A à G, mais il s’enrichit d’une nouvelle mention « A0 » pour les bâtiments ou parties de bâtiments à émissions nulles. Il ne s’agit donc pas simplement d’une classe supplémentaire située au-dessus du A.
Pour bénéficier de cette mention, le bâtiment devra présenter un DPE A ou B établi selon la méthode 3CL et respecter plusieurs conditions portant sur les sources d’énergie utilisées. Le recours aux énergies fossiles pour le chauffage ou la production d’eau chaude exclut notamment l’affichage de la mention A0. Les énergies renouvelables, l’électricité et certains réseaux de chaleur ou de froid efficaces peuvent en revanche être compatibles avec cette qualification. A signaler, dans le neuf, les conditions d’octroi de la mention A0 sont différentes et renvoient aux exigences minimales de performance énergétique définies dans le CCH
(art. R.172-4).
7. Une nouvelle méthode pour comptabiliser la production renouvelable
L’arrêté complète également l’annexe 14 de l’arrêté DPE de 2021 avec une règle spécifique pour les logements. La production d’énergie renouvelable attribuée à un logement sera obtenue en multipliant la production d’énergie renouvelable du bâtiment par le rapport entre la surface de référence du logement et celle du bâtiment. Cette disposition concerne notamment les situations dans lesquelles la production renouvelable est appréciée à l’échelle du bâtiment avant d’être répartie entre les logements.
8. Le sourcing devient plus stratégique que jamais
Le nouveau contenu renforce l’exigence du sourcing. Avant la visite, le professionnel aura donc intérêt à demander les documents disponibles : caractéristiques techniques, notices, factures, justificatifs d’installation ou d’entretien, informations relatives aux systèmes collectifs, etc.
9. « Vertueux » devient « efficace »
C’est une modification beaucoup plus discrète. L’arrêté remplace à plusieurs reprises le terme « vertueux » par « efficace », notamment dans les dispositions relatives aux réseaux de chaleur et de froid. Le changement n’est pas anodin. « Vertueux » porte une appréciation qualitative ; « efficace » renvoie davantage à une caractéristique de performance définie par la réglementation.
Pour le diagnostiqueur, le message est simple : il ne lui appartient pas de juger si un équipement ou un réseau est « vertueux ». Il applique les critères réglementaires permettant de déterminer s’il répond à la définition d’un réseau efficace.
À retenir
L’arrêté du 11 juin 2026 ne refond pas une nouvelle fois le DPE, il élargit son contenu pour harmoniser le diagnostic français avec le cadre européen.
À compter du 1 er janvier 2027, le DPE devra notamment intégrer :
- la production d’énergie renouvelable sur site ;
- sa part dans la consommation finale ;
- la principale source ou le principal vecteur énergétique ;
- une estimation de la durée de vie restante du chauffage et de la climatisation ;
- la capacité du bâtiment à participer à la flexibilité électrique ;
- l’aptitude du système de chauffage à fonctionner à basse température ;
- une distinction plus précise entre ventilation et aération/défauts d’étanchéité ;
- la mention A0 pour les bâtiments répondant aux critères « à émissions nulles ».