Les trois principales fédérations du diagnostic, les plus anciennes aussi, ont décidé d’unir leurs destinées. Pour qu’enfin la filière soit dotée d’une véritable force de frappe car la nouvelle entité pèse désormais plus de 4.000 diagnostiqueurs. Entretien avec Olivier Héaulme, président de Sidiane et co-président de la nouvelle Union des Fédérations du Diagnostic Immobilier, des Infrastructures et de l’Industrie (UFD3I).

Qu’est-ce qui motive cette nouvelle fédération ?

« Le contexte. Aujourd’hui, il paraît urgent de nous rassembler et de limiter le nombre d’interlocuteurs au sein du diagnostic immobilier. Notre filière ne gagne strictement rien à multiplier les prises de parole et même parfois à s’opposer en public. Le contexte des derniers mois a donné un coup d’accélérateur, mais cette union répond aussi à une volonté politique depuis plusieurs années. Le rapprochement entre Filiance, l’Alliance du diagnostic immobilier et Sidiane est finalement assez logique. Cela fait de nombreuses années que nous travaillons ensemble, nous avons des positions assez proches, nous savons travailler dans un esprit de consensus. Finalement, cette union s’inscrit dans une forme de continuité : notre profession se rassemble, elle témoigne de sa maturité. »

Avec Filiance, l’Alliance du diagnostic immobilier et Sidiane, que pèse la nouvelle fédération UFD3I ?

« C’est simple, elle est de très loin la principale organisation représentative. Si nous faisons les comptes, nous rassemblons aujourd’hui plus de 4.000 diagnostiqueurs. Cette représentativité assied la légitimité de l’UFD3I et sa parole auprès des institutionnels. Les premiers retours des pouvoirs publics sont d’ailleurs très positifs. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est la diversité des structures représentées au sein de l’UFD3I : avec des bureaux de contrôle, des réseaux de franchises, des réseaux intégrés, des indépendants, des solos… À travers l’union de ces trois fédérations, tous les modèles se trouvent désormais représentés, des grosses structures nationales qui ne font pratiquement que de l’avant-travaux à la TPE du diagnostic qui ne fait que du DDT. C’est toute la richesse du diagnostic concentrée au sein d’une même fédération. »

D’autres syndicats ont-ils vocation à vous rejoindre ?

« Bien sûr, c’est prévu. Toute organisation représentative de la profession est naturellement la bienvenue. Il n’y a pas d’hégémonie, au contraire, notre objectif est de rassembler. Mais pas à n’importe quel prix : nous avons simplement mis en place un seuil de représentativité pour nous assurer de la légitimité des organisations qui nous rejoignent. Une entreprise seule ne peut cependant pas adhérer en direct à l’UFD3I, mais elle peut en revanche rejoindre l’une de ses composantes Filiance, l’Alliance ou Sidiane, selon ses affinités. Quelle
que soit sa taille, toute entreprise du diagnostic a bel et bien sa place au sein de l’UFD3I. »

SIDIANE ou les autres organisations ont-elles vocation à disparaître au profit de l’UFD3I ?

« Non. Aujourd’hui, ce n’est pas notre volonté. SIDIANE va demeurer, de même que l’Alliance du diagnostic immobilier ou Filiance. C’est comme au sein de la FFB où plusieurs syndicats cohabitent, mais se retrouvent au final sous une même bannière. Au sein de l’UFD3I, chaque organisation gardera des sujets qui lui sont bien spécifiques, en fonction du profil de ses adhérents. Et des problématiques aussi que nous porterons en commun. »

Justement, quelles sont les ambitions, les chantiers prioritaires ?

« Il y a beaucoup de sujets qui nous attendent ces prochaines semaines, avec un travail énorme à mener en commission pour parvenir à un consensus et porter une position commune. Nous avons le traitement des KPI du DPE, le fameux code de déontologie, le CEP qui ne cesse de bouger et fragilise le DPE, le diagnostic amiante à la location qui risque de se réduire à une simple transmission de DA-PP… Et sans oublier tout le travail « courant » mené dans les commissions normatives, le travail de consultation sur les textes, les groupes de travail… »

Oui, cela fait beaucoup…

« Oui, et à travers tous ces chantiers que je viens de citer, on voit justement l’intérêt de s’unir et d’être structuré. Pouvoir discuter en commission Afnor de la nouvelle norme de l’état parasitaire ou de l’amiante, participer aux travaux sur le code de déontologie, travailler sur les KPI du DPE, défendre le diagnostic amiante locatif… Tous ces sujets exigent du temps, des ressources, de l’expertise. On voit aussi concrètement l’intérêt de cette union : rassembler nos forces pour peser davantage, être mieux écoutés et mieux entendus. »